Lisa Di ProsperoLisa Di Prospero, co-responsable régionale du programme d’abandon du tabagisme au Odette Cancer Centre de Toronto parle de la façon dont le centre intègre l’abandon du tabac dans les soins contre le cancer.


 

Parlez-moi du Odette Cancer Centre.

L’Odette Cancer Centre est un centre complet de cancérologie situé à Toronto. Nous regroupons tous les aspects du parcours du patient, de la consultation initiale à la chirurgie, la chimiothérapie et la radio-oncologie. Nous offrons aussi un programme de soutien aux patients et à leurs familles.

Comment s’intègre le programme d’abandon du tabagisme dans les soins contre le cancer au Odette Cancer Centre?

Notre programme, mis sur pied en 2012, repose sur un modèle interprofessionnel au sein duquel tous les prestataires de soins de santé ont reçu la formation nécessaire pour effectuer de brèves interventions. Il s’appuie sur les cinq étapes de l’abandon du tabac. Nous demandons au patient s’il est fumeur. Ensuite, nous conseillons le patient sur les avantages de l’abandon du tabac et évaluons s’il est prêt et décidé à cesser de fumer. Si le patient est prêt, nous l’aidons en le référant à des ressources comme la Téléassistance pour fumeurs et nous prévoyons un suivi auprès de prestataires externes pour l’aider dans sa démarche. L’approche décentralisée permet à chaque fournisseur de soins de santé, peu importe le point d’intervention, de poser des questions et de déclencher le processus avec le patient.

Qu’indiquent les données sur l’intégration de l’abandon du tabagisme dans les soins contre le cancer?

Les données nous indiquent deux choses :

Premièrement, elles démontrent que les conseils les plus influents proviennent des fournisseurs de soins de santé au point d’intervention.

Deuxièmement, elles démontrent que l’abandon du tabagisme améliore les résultats du traitement.

Pourquoi est-ce que l’abandon du tabagisme n’est pas traditionnellement intégré aux soins contre le cancer?

C’est probablement en raison du mythe voulant que le tabagisme soit une habitude, et non une accoutumance. Il est aussi compliqué d’aborder le sujet, surtout quand le patient vit quelque chose d’aussi difficile qu’un cancer. Certains peuvent présumer que l’ajout d’une préoccupation supplémentaire comme l’abandon du tabagisme ne ferait qu’augmenter l’anxiété et le stress du patient.

Que répondez-vous aux patients qui disent : « Laissez-moi tranquille. J’ai un cancer. Laissez-moi fumer. »

Si les patients ne sont pas prêts à en parler, nous le reconnaissons. Dans tous les cas, nous nous efforçons d’offrir un milieu favorable et neutre. Nous offrons de la documentation qui s’adresse aux patients qui ne veulent pas arrêter de fumer [link to resources article]. S’ils choisissent de ne pas prendre cette documentation, nous les laissons libres de leur choix. Nous avons la responsabilité de nous tenir à leur disposition et d’être là pour discuter des bénéfices potentiels de l’abandon du tabagisme. Toutefois, il revient au patient de prendre la décision de cesser de fumer. D’après notre expérience, les patients qui ne souhaitent pas cesser de fumer sont tout de même enclins à discuter du tabagisme.

S’agit-il d’une nouvelle approche?

Traditionnellement, les programmes régionaux de cancérologie comptent au sein de leur équipe des conseillers individuels qui ont reçu une formation sur l’abandon du tabagisme. Ici, nous avons créé une approche collaborative à l’abandon du tabagisme. Chaque membre de l’équipe de soins de santé du patient a été formé pour offrir une brève intervention.


Ressources pour cesser de fumer du Odette Cancer Centre

Ressources à l’intention des patients qui ont signalé leur désir de cesser de fumer :

Ressources pour les patients indécis et qui pourraient revenir sur leur décision de cesser de fumer :